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Comité Hygiène Sécurité Conditions de Travail – Spécial de Service « Spécial réorganisation DIR/O »

vendredi 17 novembre 2017

Confusion des genres ?

Oui, confusion des genres, sans doute… Lors du CHSCTSS DIR/O exceptionnel du 14/11/2017, consacré aux « Évolutions de l’organisation de la DIR/O », les propositions de l’administration étaient d’adapter l’organisation des activités, des équipes, des services, des centres aux contraintes imposées liées aux réductions des effectifs … Nous étions ainsi souvent dans des échanges qui relevaient plutôt d’une réunion CTSS DIR/O (Comité Technique Spécial de Service). S’adapter aux contraintes est dorénavant rarement générateur de mieux-être au travail. Une fois de plus il faut répéter que tous les textes légaux relatifs à l’hygiène, la sécurité et les conditions de travail le disent bien : « le travail doit s’adapter à l’humain ». Et non pas le contraire. Si bien que les représentants des personnels devaient régulièrement ramener les débats vers les conditions dégradées de travail, le désarroi vécu et exprimé par les personnels.

Nous avons refusé d’analyser dans le détail les documents mis à l’ordre du jour par l’administration : ils ne tiennent pas suffisamment compte du mal-être de nos collègues. Certaines solutions techniques, non encore abouties, nient, relativisent ou abandonnent l’accumulation des compétences humaines de l’ensemble des agents et leur goût du travail bien fait. Les prises de parole en séance des collègues invités en tant qu’experts ont été importantes. Elles ont montré une fois de plus un profond attachement à leurs compétences, à leurs métiers mais aussi l’incompréhension face à tous les abandons en cours. Les désarrois sont là, diversement exprimés. Le désengagement professionnel tend à se généraliser. Un établissement dont les personnels se mettent en retrait, ne se portent plus volontaires, qui sécrète autant de mal-être devrait pourtant s’interroger. Si, exceptionnellement, aucun médecin de prévention n’était présent à cette réunion, ils ont déjà souvent alerté et mis en garde notre Direction.

Les représentants des personnels ont également refusé de rentrer dans le détail des documents mis à l’ordre du jour car ils sont déjà obsolètes, compte-tenu du projet Administration Publique 2022 qui annonce des réorganisations encore plus radicales.

L’administration a bien tenté de nous convaincre que l’ensemble des personnels, et pas uniquement les représentants, doivent contribuer eux-mêmes à adapter ces nouvelles organisations. Mais comment imaginer que les agents puissent le faire en toute liberté d’esprit. Nous ne sommes pas dans une période d’adaptation pour construire mais dans une période de déconstruction des métiers et de démantèlement de l’établissement. Les conditions ne sont pas réunies pour que l’administration obtienne l’adhésion des personnels.

Une restructuration bien menée devrait permettre à chacun de reconstruire un projet professionnel, afin de se projeter dans un futur plus ou moins proche. Jusqu’ici les démarches d’accompagnement ont été sommaires, peu visibles. À ce sujet, l’administration nous a décrit succinctement le projet ARIANE. Présenté en DIR/DSR en juillet 2017, il est destiné à identifier les agents qui souhaitent se reconvertir à l’intérieur ou bien à l’extérieur de Météo-France. Un accompagnement sérieux, souvent réclamé par les médecins de prévention, adapté à chaque agent qui en exprime le besoin apparaîtra-t-il l’an prochain ?

Plus concrètement, il nous a été confirmé (sous-entendu dans le cadre des documents fournis à l’ordre du jour par l’administration, qui ne tiennent pas encore compte de AP2022 ! ) :

- que la notion de centre météorologique disparaît définitivement de la culture Météo-France. Les bâtiments deviennent des lieux de travail, ne sont plus des centres météos. Dans le cas de Cherbourg, si ce n’est déjà fait, toute la signalétique extérieure, panneaux d’affichage, logo doivent disparaître. Avec toutes les conséquences psychologiques que cela entraîne pour le collectif de travail…

- que, pour les centres qui subsistent, cela signifie le non-remplacement du chef de centre en cas de départ (mais peut-être pas pour Brest, compte-tenu de l’activité Marine),

- qu’il n’y aura pas de demande d’ouverture de poste pour le remplacement du 7ème prévisionniste CRA de Rennes,

- que l’évolution du CRA Brest et son articulation par-rapport au CRA Rennes n’est pas encore complètement arrêtée pour les très proches années à venir,

- que l’on s’oriente vers des encadrements à distance. Avec toutes les conséquences de difficultés de gestion d’équipes associées. Et cette organisation sera « simple » : les prévis Caen-Cherbourg dépendront de DIRO/PREVI/D mais pour la logistique s’adresseront directement à DIRO/ADM/D, pour le réseau à DIRO/OBS/D, tout en sachant que puisqu’un collègue technicien s’est proposé pour devenir référent sur site de l’entité Caen-Cherbourg, cette possibilité a été acceptée,

- pour ce qui concerne les collègues du service ADM, une organisation a été mise en place afin d’anticiper un départ en retraite en 2018, une fiche de poste sera émise et proposée en CAP. Un accompagnement pour faire face à un changement de métier sera mis en place. Il n’empêche que, avec 6 départs non remplacés en 6 ans, la capacité de fonctionner du service se restreint inexorablement.

Nous observons que pour chaque évolution de services, d’activités, l’administration fait grand usage des effets d’opportunité, des effets d’aubaine. Qui permettent souvent d’atteindre encore plus vite les objectifs. Si bien que, là aussi, certains collègues sont désarmés lorsqu’ils constatent qu’une demande de mutation risque de condamner plus rapidement le service auquel ils appartiennent.

Si certains de nos collègues s’adaptent et proposent des solutions, quitte à mettre leur santé en péril, le « droit à la déconnexion » tend à se généraliser. Pendant longtemps, les agents ont fait « corps » avec leurs activités professionnelles, bien que cela leur ait été parfois reproché. Cela correspondait à une certaine idée, une certaine qualité du travail bien fait. Désormais, il s’agit souvent de se protéger psychologiquement, de rester en retrait, de ne pas déménager, même en récupérant des activités professionnelles moins attractives.

L’essentiel doit être de conserver la santé psychologique et physique des salariés, de préserver leur équilibre travail / vie personnelle en leur garantissant le maintien géographique. Le travail doit s’adapter à l’humain, et la tentation d’évacuer l’humain ne doit pas être la réponse.

Ce sera tout l’enjeu des combats à mener dans les prochains mois face aux bouleversements annoncés.

Solidaires-Météo était représenté par Patrick Bonnet, Christine Lemoux, Hervé Queffelec, Lydia Torrente (titulaires)

Étaient également présents 6 experts invités par l’ensemble des représentants des personnels.

Déclaration des représentants des personnels au CHSCTSS/DIRO exceptionnel du 14 novembre 2017, effectuée en fin de séance, à la suite des débats, destinée à être incluse dans le compte-rendu officiel.

Les représentants du personnel réunis le 14 novembre 2017 en CHSCTSS/DIRO spécial « Évolutions de l’organisation de la DIRO » répètent que les évolutions actuelles à Météo-France sont une source importante d’inquiétudes, voire d’angoisses pour les personnels. Inquiétudes quant à leur avenir géographique, quant à l’avenir de leurs fonctions. Inquiétudes doublées d’un mal être face à la perte de sens de leur travail et à l’absence de perspectives à moyen terme.

Angoisse pour certains de ne pas pouvoir tout simplement effectuer leur travail correctement. La souffrance est réelle et la Direction ne semble pas en prendre la véritable mesure. Les personnels ont besoin d’une vision d’avenir au-delà d’une organisation précaire ou de rafistolages permanents qui n’ont d’autres effets que de mettre en danger la santé de nos collègues.

Les représentants du personnel ne souhaitent pas discuter dans les détails des documents de travail relatifs à l’ordre du jour, documents à nos yeux déjà obsolètes. En outre, nous demandons que tous les postes nécessaires à un travail serein soient ouverts en CAP et qu’un accompagnement renforcé soit mis en place pour les personnels victimes des réorganisations.


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