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Compte rendu du CHSCT SS DIRO du 2 juillet 2019

mercredi 17 juillet 2019

OÙ NOUS EXPRIMONS UNE ANGOISSE BIEN ACTUELLE ET OÙ L’ON NOUS RÉPOND « ATTENDEZ »

Les réorganisations progressent à grands pas, accompagnées de ses effets délétères. Les services administratifs ont été réorganisés en ce début d’année, avec beaucoup d’impréparation et de surcharge de travail, ce qui n’a pas été sans conséquence sur la santé de nos collègues.

Lors de ce CHSCT SS de la région Ouest, nous avons une fois de plus mis l’accent sur les nombreuses inquiétudes, et même angoisses d’un trop grand nombre d’agents. Lors des visites de sites, nous rencontrons les agents, dans leur espace de travail. Mais, avec les changements incessants, le suivi des actions est loin d’être évident ! De nombreux services se réduisent comme peau de chagrin (voire à un seul agent). Des collègues ayant déjà été impactés par les fermetures de centres, doivent une fois de plus changer de service. A chaque fois, il s’agit d’une réadaptation à un nouveau travail, à de nouveaux collègues (pour la plupart disséminés un peu partout en France), une nouvelle hiérarchie (souvent à distance, elle aussi). C’est d’autant plus préjudiciable que la formation est souvent insuffisante voire inexistante, les outils inadaptés.

On touche là les méthodes « modernes » de management qui visent à mettre les agents dans une instabilité permanente, déstabilisation qui les fragilise avec un impact évident sur leur santé. L’objet de cette politique depuis dix ans ? Gagner en effectif, supprimer des implantations géographiques, gagner en efficience.

Les médecins de prévention ont également exprimé ces inquiétudes en séance. La mise en place du service prévision, tel qu’elle est envisagée, les interpelle. Nous relatons ici quelques-unes de leurs questions et réflexions. Comme lors des fermetures de centre, des agents vont devoir faire le deuil de leur métier (constat qu’il y a aura peu d’élus pour les postes de prévisions par rapport à tous les Prévi Conseils, PAR et climatologues encore en poste actuellement - ratio de 12 Météo-Conseils pour une quarantaine de postes supprimés). Pouvez-vous garantir que l’automatisation sera aussi performante que tous ces agents ? En raison des rythmes de travail et de la responsabilité territoriale que cela va imposer, avez-vous réellement des prévisionnistes intéressés par ces nouveaux postes ?

Ne pensez-vous pas qu’il y aura un accroissement de travail en raison du changement climatique ? Ils relatent le manque de motivation et la perte de sens qu’ils entendent lors des visites médicales.

En séance, nous avons lu des extraits du rapport de la médecine de 2018 qui rejoint ces questionnements.

Les observations des médecins de prévention relatent ainsi :

« tous les agents sont en risque (cadres compris) étant donné les projets de restructuration totale de l’établissement :

- Verbalisation d’un stress professionnel :

- La grande majorité des agents, La totalité des prévisionnistes, des PAR, la majorité des encadrants sont très sollicités psychiquement par la restructuration de Météo France

- Souffrance au travail avec pathologie

- Souffrance au travail aiguë appelant réponse immédiate (8% environ)

- Impact évident sur le moral des agents : Il est important qu’ils aient une visibilité claire et précise sur les possibilités s’ouvrant à eux pour qu’ils puissent déterminer au mieux leur avenir professionnel. Souvent lors des consultations médicales il est paradoxal de constater une certaine résignation causée par la perte de la liberté d’agir et de se projeter sur des fonctions aux contours encore flous. Cela peut alors se traduire par une forme d’inhibition anxieuse avec possibilité de stress chronique, A terme il y aura un risque de démotivation et une déresponsabilisation ainsi qu’une désolidarisation au sein du collectif de travail. »

Les infirmiers constatent également : 

« les motifs professionnels principalement invoqués concernent :

- les réorganisations en cours et le projet AP 2022

- l’organisation du travail en particulier la charge de travail croissante, la perte du sens du travail, le travail dégradé ...

- le management (management ressenti dur, perte de confiance dans les managers, souffrance de la hiérarchie intermédiaire)

- les problèmes relationnels entre collègues ou avec la hiérarchie

Parmi les agents reçus, certains d’entre eux étaient en souffrance aiguë au travail avec un réel impact sur leur santé physique et psychologique. »

La Direction nous répond par : le travail à distance permet d’empêcher la mobilité, la formation est de qualité, il faut savoir s’adapter. « Attendez, pourquoi s’inquiéter pour quelque chose qui n’est pas encore en place ? »

A noter que les risques psycho-sociaux doivent intégrer le Document Unique, mais la mise à jour se fait attendre.

Déménagements/aménagements des centres et des services :

A Angers, afin d’empêcher l’isolement, l’agent sera amené à déménager, mais la Direction s’interdira toute solution à proximité du précédent centre si cela maintient l’isolement de l’agent (week-end par exemple). Pour l’instant, la direction n’a de toute façon entrepris aucune démarche.

A Cherbourg, pour raisons budgétaires (nous dit-on), un déménagement est également prévu : une incertitude de plus dans l’avenir professionnel !

Les représentants du personnel souhaitent fortement que les erreurs passées ne se représentent pas. Les déménagements de La Roche/Yon et du Mans ne se sont pas faits sans difficultés (pour ne parler que des plus récents).

D’autres lieux de travail seront aussi impactés par cette restructuration. Dans tel centre, ou tel service, il faut – ou faudra – aménager des bureaux de travail pour tous ces nouveaux travailleurs à distance (les agents travaillant en CSP -centre de services partagés – seront de plus en plus nombreux, cela nécessitera plus de postes de travail personnels identifiés).

Les délais d’aménagement pourraient être courts !

Point sur le devenir des assistant-e-s de prévention :

Actuellement, les agents sont « assistant de prévention » pour 30 % de leur temps de travail. Le poste d’assistant de prévention se professionnalise, les agents seront donc AP à temps plein (au nombre de 8 + le conseiller de prévention). Cela fera partie des postes proposés lors des prochaines instances de concertation préfigurative (ICP). L’Outre Mer et le CNRM restent des entités à part, avec leurs AP respectifs. Les D.U. (Document Unique) ne seront plus par site, mais par métier. Le travail est déjà bien engagé en ce sens (nous vous invitons à les consulter sur oweb). Tout cela est de toute façon lié à l’avenir des comités hygiène et sécurité, bien incertain.

Contrat ménage :

Il devrait être à nouveau possible de fragmenter ledit contrat par site, ou à défaut un groupe de sites (moindre que toute la région, en tout cas !). L’avantage sera de pouvoir inclure plus facilement une « clause éthique », afin d’améliorer les conditions de travail de leur personnel (voire leur rémunération). Le maintien des agents se fera d’un contrat l’autre, bien entendu. 

La médecine de prévention insiste à nouveau sur l’importance d’un « grand ménage » annuel, afin de nettoyer les parties « invisibles » (dessus de meubles élevés, recoins, etc. ). La solution est une prestation à part, dans le contrat.

Pour le nettoyage des nombreuses unités centrales, nettoyage qui ne relève pas du personnel de ménage, TTI/D en assurera la supervision.

Suivi des actions suite aux visites de sites :

A compter du 1er janvier 2020, tout sera suivi par « support/D ». Jusqu’à présent, ce suivi était assuré par les responsables de centres/services, aidés d’ADM/D et Log.

Des priorités sont – ou vont être – attribuées. Selon les sites, des actions restent en attente depuis 2017 alors que cela ne demande pas forcément de gros moyens, ou de temps. Mais d’autres sont plus complexes. Par exemple, pour la salle prévi du CMIRO, le problème de l’acoustique n’est toujours pas réglé. Le mobilier des services commerce et climatologie ne sont toujours pas remplacés (mauvaise ergonomie)...

Il est évoqué la problématique des responsabilités en matière d’hygiène et sécurité pour les travailleurs « à distance ». Les agents risquent de dépendre de plusieurs CHSCT, selon que la difficulté rencontrée relève simplement du site, ou de l’exigence métier en rapport avec le poste de travail. Quasiment tout reste à définir. Autre exemple, les radars seront exclusivement du ressort de la DSO, mais les véhicules de maintenance relèveront-ils de la DSO, ou de la région ? Les sites de Bourges et de Tours, plus près géographiquement de St-Mandé, dépendront-ils tout de même de Rennes ? Même si certains agents travaillant à distance ont signé un protocole, cela reste bien complexe … C’est peut-être cela, la simplification administrative ? (à noter qu’un groupe de travail doit rendre sa copie en septembre).

Les médecins de prévention, eux aussi, souhaitent des éclaircissements, afin de pouvoir suivre efficacement les agents (souhait déjà évoqué lors de précédentes réunions). Ils demandent à recevoir les fiches de suivi de visites, même lorsque c’est noté « RAS ».

La direction reconnaît ne pas pouvoir nommer tous les supérieurs hiérarchiques de tous les agents travaillant géographiquement dans la DIRO. La suppression d’un service de ressources humaines de proximité n’arrange rien.

Les DATI (dispositif d’alarme pour travailleur isolé) seront supprimés et le suivi des agents en travail isolé sera étudié à l’échelon national.

Première visite du radar de Noyal-Pontivy

Il nous parait anormal d’avoir remarqué un problème de sécurité, de dangerosité même pour un bâtiment neuf, à la visite de ce radar, et ce, malgré les nombreux échanges en amont de la construction. Il est nécessaire d’organiser un balisage lors de certaines interventions et surtout de bien en informer les techniciens de maintenance.

La médecine de prévention insiste sur ce fait.

La salle technique est trop bruyante. Des protections auditives seront fournies (l’achat se fera pour tous les agents de maintenance de la DIRO) .

L’installation d’un point d’eau s’avérant trop coûteuse, des toilettes sèches ont été installées. Il n’en demeure pas moins qu’un minimum d’hygiène est à instaurer : fourniture de bouteilles d’eau, d’aseptisant pour les mains… Un robinet est en cours d’installation à l’extérieur, alimenté par de l’eau de pluie récupérée du toit : et donc, toujours pas d’eau potable !

Il est aussi à remarquer que la salle dite de repos est dépourvue de table, de chaises, de cafetière, de bouilloire … L’absence même de point d’eau potable ne rend-elle pas l’utilisation de cette pièce inutile ?

Suivi des registres :

- Un contrat devrait être fait pour les VMC double flux du bâtiment Hélios du CMIRO, la poussière présente sur les grilles démontrent le « bon air » respiré par les agents.

- Ces registres nous ont aussi permis de prendre connaissance d’accidents de service (auparavant relayés par le responsable RH de proximité, qui n’est plus en poste depuis la mise en place des CSP).

- Nous avons montré notre désapprobation suite à une réponse portée à une interpellation : réponse donnant une solution individuelle alors que le sujet nous semble bien relever du collectif.

Pour l’été en cours (pour quelques mois, donc), une réorganisation a été imposée aux prévisionnistes conseils et médias de Rennes. Lors de la réunion de présentation, la Direction s’est montrée obtuse à toute proposition de l’équipe pour limiter ce n-ième changement (modification d’horaires, adaptation à un nouveau travail avec une formation au lance-pierres…) Pourtant, les conséquences sur la santé de ces agents qui ont déjà subi des réorganisations dans le passé et sont concernés par la mise en place de l’AP2022, sont réelles.

Commentaires post-réunion :

Deux récents courriels nous informent du dispositif ICP (instance de concertation préfiguratrice), permettant aux agents de se prépositionner sur les futurs postes de l’AP2022, mais aussi du cycle de mobilité du Ministère pour l’automne 2019. Nous sommes bien tentés de reprendre des extraits de comptes rendus d’un procès en cours. Serait-ce le « Time to move (temps de dégager) ? ,Veut-on « doper la fluidité interne (virer plus de gens) » ? Faut-il « accompagner la transformation (virer plus de gens), restructurer les services (virer plus de gens), pratiquer l’activisme organisationnel (virer plus de gens) ? »

« La raison des plus forts n’est pas toujours la meilleure », c’est ce que nous tentons d’alerter en vain. La mise sous pression des individus ne cessent de croître en cette veille de congés d’été.

Les représentants du personnel avertissent encore une fois, puisque cela s’avère nécessaire, que les mêmes causes suscitent toujours les mêmes effets et réaffirment craindre les effets pathogènes de cette politique.

La Direction ne pourra pas dire qu’elle ne savait pas .


Prochaines visites de sites :

Brest, MIR29 + radar : les 26 et 27 septembre 2019

MIR14 : mardi 29 octobre 2019

Prochain CHSCT SS DIRO :

8 octobre (en présence de l’inspectrice de santé et sécurité au travail, Madame Juvigny), repli le 15

Représentants de Solidaires-Météo : Isabelle Laurent, Hélène Poullain, Lydia Torrente, Stéphane Besnoist.


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