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Déclaration Solidaires-Météo au CTSS-Ouest du 27 février 2019

mercredi 27 février 2019

Solidaires-Météo n’a cessé de vous mettre en garde depuis des années, soit plus ou moins depuis 2008 : la réorganisation permanente expose le personnel à de graves menaces, à l’exemple de ce que l’on constate dans d’autres services publics. Le management que vous appliquez n’a rien de nouveau, il n’y a en effet aucune raison objective pour que les conséquences diffèrent. Quant aux actions de diversions mises en place ( écoutes, groupes de travail…), elles ont pour principal objectif de « couvrir » la direction.

Si les choses s’accélèrent et se dégradent depuis quelques mois à coup d’annonces anxiogènes ( postes supprimés, temps de travail…), les fautes graves de management se multiplient : après le document « isoler ou neutraliser les récalcitrants » du CHSCT-EP de l’été dernier, c’est aujourd’hui un document (fiches de poste) qui formalise la sous-activité, pour ne pas dire la placardisation d’une partie du personnel de la DIR.

En actant une telle sous-activité, l’ensemble de la chaîne hiérarchique assume sa responsabilité de mise en danger potentiel du personnel frappé par cette nouvelle étape de descente au fond du trou. Avec la fin, partout, des bulletins kiosque devenus automatiques le sentiment d’inutilité, de négation des compétences va s’ajouter à l’ennui.

Nous savons que la surcharge de travail a des conséquences délétère pour la santé mais l’inverse, le manque de travail, est malheureusement tout aussi nocif. Les collègues ayant subi déjà des fermetures il y a quelques années peuvent témoigner. Ne pas savoir quoi faire dans sa journée fait très mal. Pour certain.e.s collègues, c’est une petite voix culpabilisante et honteuse qui s’introduit insidieusement, vis à vis de soi tout d’abord, puis de l’extérieur, sphère privée, familiale ou entourage professionnel ; pour d’autres c’est de l’activité extérieure que l’on se voit contraint d’apporter et qui ne fait qu’entretenir cette spirale. Nous sommes typiquement là dans le bore-out qui guette une grande partie du personnel de la DIR.

Dans un article du Monde de 2016, ou pouvait lire :

« ...le bore-out, inspiré du mot « boring » (ennuyeux en anglais). « Etre en bore-out, c’est être à bout, par manque de travail, de motivation ou de défis professionnels », écrit le docteur François Baumann dans Le Bore-out. Quand l’ennui au travail rend malade (Josette Lyon, 2016).

(...)Si les causes sont différentes du burn-out, un ennui prolongé au travail provoque une souffrance comparable. « Il provoque un sentiment d’inutilité. Une attaque de l’estime de soi qui peut se transformer assez vite en questionnement de son rôle dans la société », explique Philippe Zawieja, chercheur associé à Mines ParisTech et spécialiste des risques psychosociaux. A la clé, de l’angoisse, a minima de la démotivation et, paradoxalement, une difficulté à s’impliquer dans le peu de tâches à réaliser. Les personnes perdent confiance en elles, culpabilisent, s’isolent. A terme, la dépression guette. »

Et vous n’ignorez pas sans doute où la dépression qui prend sa source au travail peut conduire. Devons-nous, encore et toujours, vous rappeler vos obligations légales en matière de protection de la santé des agents dans le cadre de leur travail ?

Si jusqu’à récemment nous avons tenté de négocier ou de discuter lors des rencontres formelles ( CTSS, CHS…) nous n’avons plus aucune proposition dans un cadre où toute négociation s’avère impossible.

En revanche, nous sommes maintenant curieux d’entendre votre argumentaire, curieux de savoir comment vous assumez des fiches de postes aussi « vides » qui seraient, sans l’ombre d’un doute, des éléments à charge si nécessaire.


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