Accueil > Sections locales > Ouest

Lettre ouverte à Mr Lalaurette

lundi 11 janvier 2016

Solidaires MétéoSection OUEST27 Rue Jules ValèsBP 4913935091 RENNES CEDEX 9

Lettre ouverte à Mr Lalaurette

En attendant les traditionnels vœux d’un PDG à son Établissement, j’ai pris connaissance des vôtres, Monsieur Lalaurette et je me permets donc d’y répondre.

Je laisse le plan personnel de côté - quoi que...mes proches en 2016 comme en 2015, auront sans doute encore à subir les retentissements de ma vie professionnelle sur ma vie privée - pour en venir à votre vision et vos vœux pour Météo-France.

Oui, c’est vrai, vous avez raison, 2016 sera bien l’année ’de la mise en œuvre’ : c’est en 2016 que le centre départemental où je suis va fermer et donc, effectivement, nous allons ’repenser en profondeur nos activités de prévision’. Mais quelle surprise ensuite ! ’nous allons y mettre le meilleur de notre savoir-faire’ : là je suis totalement rassurée. Vous voyez, je m’inquiétais à tort. Il m’avait semblé jusqu’alors, qu’au contraire en 2016 Météo-France allait reléguer la prévision au titre de parent pauvre. En lisant ’Le schéma-cible envisagé repose sur une alimentation d’une base amont de façon entièrement automatique, puis expertisée afin d’en corriger les erreurs grossières de prévision en se concentrant sur les situations à fort enjeu’ dans un compte-rendu du COMEDEV de décembre 2015, je me faisais vraiment du souci. Du souci pour l’agriculteur qui compte sur nous, du souci pour les services départementaux des routes, du souci pour les populations littorales, du souci pour les entreprises de BTP, du souci pour bien d’autres encore que je m’en vais tranquilliser.

Je continue la lecture de votre message de début d’année et constate, toujours avec soulagement, que vous connaissez mon ’attachement à mon métier’ et la ’qualité des services rendus’. Cette reconnaissance me donnera du courage l’été prochain. D’autant que je lis plus loin que nous allons ’tous ensemble prendre soin de la qualité de vie au travail’ et ’cultiver le sens du collectif’. Par conséquent, les collègues qui craquent en fin de vacation parce qu’ils n’en peuvent plus, les collègues à qui on a imposé un allongement inacceptable de temps de trajet et à qui on refuse des aménagements de rythme de travail, les collègues délaissés dans un bureau sans travail ni perspective, les collègues mutés suite à une fermeture de centre à qui on a délibérément caché la fermeture de leur nouvelle affectation, les collègues parachutés dans des services sans concertation ni projet collectif, parce qu’il faut bien leur trouver un petit quelques chose à faire quelque part et d’autres et tant d’autres... Par conséquent donc l’Établissement, dans un élan ’collectif’ vers une meilleure ’qualité de vie au travail’ va ’surmonter ces difficultés’ ; me voilà vraiment rassurée.

Mais là où nous divergeons, Monsieur Lalaurette, c’est que je crois, ou plutôt j’ai l’intime conviction, que nous ne parlons pas du même établissement. Météo-France, celui que je connais, celui où je travaille - encore - n’est pas celui dont vous nous parlez. Je ne rentre pas davantage dans les détails de ce que vous appelez ’nos activités de prévision’ mais je peux vous assurer d’une chose, ’ce challenge’, nous ne le relèverons pas ensemble ! Et s’il y a ’un collectif’ qui puisse me permettre ’de surmonter les difficultés’ en 2016, il est - et heureusement - bien ailleurs.

Hélène Hérault

Section Ouest Solidaires-Météo


Pour télécharger cet article au format pdf : Enregistrer au format PDF - Partager : FB TW