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Rencontre à la DIRN avec Jean-Marc LACAVE (Président Directeur Général de Météo France) le 14 février 2014 :

mardi 18 mars 2014

[*Rencontre à la DIRN avec Jean-Marc LACAVE (Président Directeur Général de Météo France) le 14 février 2014 :

Compte-rendu de l’intersyndicale Nord FO – CGT - Solidaires*]

En introduction, les représentants du personnel exposent le contexte de la réorganisation depuis plusieurs années ; réorganisation entraînant de grosses difficultés pour les agents qui ont subi la fermeture de leur centre ou une restructuration (3 fermetures ont eu lieu dans la DIRN et une quatrième est prévue pour 2015), mais également du mal-être et de la démotivation dans les services à priori pérennisés. Cette réorganisation se caractérise par une perte du sens du travail. Météo-France est un organisme scientifique dont les agents peuvent accepter des évolutions si elles sont fondées techniquement, mais ce n’est pas le cas avec cette réorganisation. Il y a aussi de réelles interrogations pour certains agents, sur l’avenir de Météo France. Toutes les informations dont on dispose sur l’organisation cible ont pour horizon indépassable 2017. Que se passera-t-il ensuite ?

De plus, les représentants du personnel précisent la difficulté qu’a Météo France à reconnaître certains métiers supports et à maintenir à niveau les connaissances techniques nécessaires (maintenance, maîtrise d’ oeuvre, informatique, électronique) aggravant ainsi le malaise.

Le PDG explique qu’il a entrepris une tournée des Directions de Météo France pour s’approprier le travail de terrain. Il remercie les représentants des organisations syndicales pour leur participation à cette rencontre et précise qu’il souhaite un « dialogue social fructueux et respectueux ». Cela fait évidemment référence à son refus d’aller rencontrer les agents de la DIRCE au prétexte que le centre de Saint-Exupéry est en grève.

Sur l’avenir de Météo France, le PDG répond qu’il y a forcément de l’avenir. « On part à la base avec tout ce qu’il faut pour éclairer l’humanité ». Mais il est conscient que la réorganisation est extrêmement lourde car elle touche les agents à titre individuel et à titre collectif, sur les outils et l’organisation du travail en même temps qu’au niveau territorial. C’est loin d’être abouti. Il est maintenant nécessaire de se poser les bonnes questions :

  • à quoi on sert ?
  • Vers quoi on va ?
  • Quels sont les bénéficiaires de nos services ?

La réorganisation ne sera pas remise en cause : le COP 2012-2016 (Contrat d’Objectif et de Performance) fixe les rails que l’on doit suivre, et le PDG s’y tiendra strictement, et précise qu’il faut s’habituer à vivre durablement avec des contraintes budgétaires. Il explique qu’il faut réfléchir à la façon d’apporter le service aux clients car ce sont eux qui donnent un sens à ce que l’on fait, et repenser l’organisation de la prévision conseil. Quand les besoins vers les clients auront été finalisés, son « projet d’entreprise » est de redonner sa place à la production aval en la développant.

Sur la question de la reconnaissance des métiers supports et des compétences nécessaires à ces métiers, le PDG répond qu’il est indispensable de maintenir un bon niveau de compétence dans ces domaines tout en précisant qu’on ne peut pas être à la pointe partout : il faut apprendre à travailler avec le monde extérieur (sous-entendu : améliorer notre savoir faire en terme de maîtrise d’ouvrage et d’ œuvre pour mieux sous-traiter).

Pour ce qui est de l’avenir de TTI, le dossier est ouvert ; à l’issue d’une réflexion qui doit durer 2 ans, un nouveau TROED sera établi, mais il n’y aura aucune mutation d’office.

Concernant ADM, une réflexion équivalente doit débuter ; toutes les tâches « standard » sont vouées à être mutualisées.

Les représentants du personnel interpellent ensuite le PDG sur différents sujets :

  • Changement de périmètre de la DIRN
    Le PDG rappelle que ce dossier a été enterré par DSR/D en décembre 2013. Il n’a pas l’intention de le déterrer. Le périmètre de la DIRN restera donc inchangé : périmètre administratif sur les 4 régions économiques (Nord/Pas-de-Calais, Picardie, Haute-Normandie et Champagne-Ardennes) et périmètre prévi avec le DPA actuel pérennisé (Nord/Pas-de-Calais, Picardie et Haute-Normandie). Il faut maintenant consolider cette organisation, notamment avec les services de prévision régionale des DIRNE et DIRO.
  • Avenir des stations marine
    Par dérogation à la centralisation de l’activité marine à Toulouse, les stations du Havre et de Boulogne conservent une activité institutionnelle. Leur avenir est assuré dans le cadre du COP 2012-2016.
    La station du Havre est bien maintenue et rattachée hiérarchiquement à Boulogne. Selon le PDG : « ayant de la présence territoriale, il faut l’optimiser ». Le seul bémol reste sur le poste qui risque de se libérer : il sera proposé sur la 2ème liste mais au cas où il ne serait pas pourvu, le fonctionnement du centre deviendrait difficilement gérable (en ce qui concerne les sorties d’école, les affectations seront soumises à l’arbitrage du PDG). Un représentant du personnel répond que parler à horizon 2016, sans certitude sur la suite (pas de pérennisation de la fonction côtière SPB au-delà), ne contribue pas à motiver les agents pour postuler sur ce genre de poste. Il serait préférable d’avoir une vision au-delà de 2016.

Les représentants du personnel insistent sur la nécessité de maintenir des effectifs localement pour travailler à échelle fine sur les sorties de modèles.

  • Déménagement de la station de Lesquin
    Les représentants du personnel précisent à nouveau que le rapatriement de la station aéro de Lesquin au CMIRN n’a reçu à ce jour aucune justification. Au contraire, cela risque de dégrader la qualité du travail mais aussi les conditions de travail des agents de Lesquin et de Villeneuve d’Ascq, car une grande partie du CMIR pourrait être impactée par les travaux et la réorganisation liés à ce rapatriement. A ce jour, les moyens financiers ne semblent pas à la hauteur pour une installation de la station au CMIR dans de bonnes conditions. Le PDG répond que ce déménagement a été décidé par ses prédécesseurs, qu’il est maintenu mais qu’il ne doit pas se faire n’importe comment. Et pour cela, il compte sur une grande implication de la Direction de la DIRN pour instruire ce dossier, et indique qu’un budget à la hauteur sera prévu.
  • Déménagement de la station du Havre
    Le PDG ne comprend pas pourquoi le Port du Havre veut récupérer les locaux ; quoiqu’il en soit, ils ont fait à Météo-France une bonne proposition de relogement à 300m de la station actuelle, même si à terme on ne sait pas ce que la mairie du Havre, qui a un droit de regard sur la zone, veut en faire.
  • Organisation des postes à Reims
    Les représentants du personnel expliquent qu’à Reims, une organisation a été mise en place en conséquence de la fermeture du centre de Charleville, avec le rapatriement de ses agents. Cette organisation reste précaire et il est indispensable de la maintenir et donc de maintenir les effectifs. En raison du départ futur d’un agent, le poste doit être ouvert en CAP. C’est effectivement le cas mais les représentants du personnel précisent qu’il faudra veiller à mettre une priorité sur ce poste pour qu’il soit réellement pourvu.
  • Suivi des agents restructurés
    Les représentants du personnel demandent à ce que de manière générale, les agents restructurés, soient suivis après la fermeture de leur centre. DSR/D précise que c’est une directive de la DRH d’assurer ce suivi. Une fois par an, il y a un point entre la Direction et les agents médico-sociaux. DIRN/D précise quand même la difficulté rencontrée par l’absence d’un médecin de prévention en Champagne Ardennes. Certains agents ont dû être vus par le deuxième médecin de prévention de la DIRN, même s’ils ne sont pas dans son périmètre d’action.
  • Situation de Langres
    Là aussi, les représentants souhaitent un suivi rigoureux des agents tant au niveau personnel qu’au niveau collectif (organisation du partage des tâches entre le centre de Langres et celui de Troyes). Les propositions de reclassement ne sont pas encore acceptables pour tous les agents.
  • Sympo 2
    Les prévisionnistes PAR attendent des précisions sur l’avenir de Sympo2 et sur leur rôle dans les années à venir.

Ces deux derniers points ont été traités trop rapidement compte-tenu du temps imparti à la réunion : il conviendra d’y revenir.

[**En conclusion : nous avons rencontré un PDG qui se dit à l’écoute des personnels, mais sur le fond, rien ne change ! L’intersyndicale Nord invite les agents de la DIRN à se mobiliser à nouveau le 18 mars prochain, à l’occasion de la journée interprofessionnelle de grève et de manifestations initiée par les syndicats CGT FO et Solidaires.*]


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