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Tour de France du PDG, dernière étape dans l’Ouest

jeudi 27 mars 2014

Compte-rendu Solidaires-Météo de la rencontre intersyndicale du 25 mars

Étaient présents à cet entretien :

Direction : Jean-Marc Lacave PDG, Alain Soulan DSR, Michèle Champagne DIRO/D et Murielle Gavoret DIRO/DA

Représentants syndicaux pour Solidaires-Météo : Gilles Le Graët, Hélène Hérault, Lydia Torrente et Alain Torrente

Etaient également présents Thierry Eveno et Hervé Le Cam pour FO, ainsi que Cedric Birien pour la CGT.

La section Ouest de Solidaires-Météo avait préalablement envoyé un courrier au PDG avec un certains nombre de questions qui n’ont pas toutes été traitées, faute de temps, mais le procédé de préparation et le document ont été appréciés par le PDG qui s’est comme, lors du buffet du midi avec tout le personnel, montré à l’écoute.

Préambule relu lors de la rencontre « Vous venez rencontrer les agents de la région Ouest, une semaine après un mouvement de grève dans la Fonction Publique. Nous tenons tout d’abord à vous rappeler que Solidaires-Météo défend un service public de proximité et adapté au plus juste de la demande et revendique une égalité d’accès du citoyen à ce service ».

**Solidaires-Météo : Sens du travail et Prévi-conseil

Nous avons suivi avec grand intérêt votre Tour de France et les questions/réponses dans les autres régions ; 2 thèmes reviennent fréquemment dans vos souhaits : redonner plus d’importance à la Prévision Conseil, et redonner du sens au travail dans tout l’Etablissement.

Pouvez-vous nous dire comment, concrètement, cela peut se traduire dès à présent dans les centres actuellement vidés de leur personnel et de leurs activités et, d’autre part, dans les centres présumés pérennes et, en particulier, en termes de place redonnée à la Prévision Conseil ?

Ensuite, concernant la perte de sens réelle, et pas seulement supposée ou dans la tête comme vous semblez le penser, il faut savoir que la réorganisation en cours engendre chez de nombreux collègues une forte démotivation tant pour les postes d’exécution que pour l’encadrement de proximité. De quelle manière envisagez-vous de redonner du sens au travail des météos ?

Réponse :

Tout d’abord le PDG a clairement dénoncé le fait d’avoir mené simultanément réorganisation territoriale, suppression d’un niveau de prévision et mise en place de nouveaux outils. Mais, comme il le redira ensuite plusieurs fois à différents moments de l’après-midi, ce qui est fait est fait et on ne va pas sans arrêt remettre en question (« en suspension », selon ses propos). Ceci étant, il se doit de donner une suite pas seulement en termes de réorganisation territoriale mais aussi en termes de sens et contenu métier.

La réorganisation territoriale est difficile mais elle nous conduit à nous poser la question de la finalité de nos missions ; pour lui, redonner du sens passe par le fait de retrouver le contact avec l’extérieur, citoyens ou professionnels. Pour lui, la Prévision Conseil est le fer de lance de l’Etablissement mais nous devons nous organiser de façon nouvelle pour répondre aux attentes de l’extérieur. Ce thème reviendra lui aussi fréquemment, dit parfois autrement : la finalité ça n’est pas nous mais le client ou les bénéficiaires qui donnent le cadrage en tant que prescripteurs et nous devons polariser notre organisation autour de ce concept.

La réorganisation dans sa brutalité nous oblige à une remise en question et devrait pouvoir nous permettre de remettre les prévi-conseils en première ligne grâce à une professionnalisation par secteur et il ne craint aucun concurrent dans ce domaine.

Maintenant sur la question du « concrètement » : retrouver du sens ne viendra pas d’un décret du directeur, cela doit se faire tous ensemble. Les expérimentations d’organisation en réseau vont nous permettre d’apprendre à répondre davantage aux bénéficiaires et à trouver des axes de travail collectif en s’interrogeant sur ce qu’on peut apporter et ce dont on peut être fiers, par secteurs de métiers (avec en priorité absolue le SPB puis l’aéro). Il insiste sur l’importance des initiatives de terrain. Et du coup le retour du sens du travail.

Le collègue de la CGT pose la question des pôles thématiques qui conduiraient à abandonner la connaissance locale.

Réponse : Tout d’abord dans la chaîne de prévision, avec les choix qui ont été faits, il convient maintenant d’améliorer les outils pour que l’expertise amont nationale et régionale soit capitalisable par celui qui va l’exploiter. Dans ce contexte, le « branchement direct » de la base Sympo V2 sur la production (suppression de l’étape de « traduction » intermédiaire au format V1.5, source de problèmes) est un chantier qu’il juge prioritaire. La déterritorialisation ne fonctionnera que si en amont, tout fonctionne de façon optimale. Le choix de PAR régionaux ne sera pas remis en question.

Solidaires-Météo : Réorganisation territoriale

Lors de vos passages dans les autres régions, vous avez déclaré que la réorganisation allait se poursuivre. Pouvez-vous rassurer les agents des centres restant à fermer que des solutions vont être recherchées sous la forme de travail à distance, leur évitant ainsi une mobilité géographique ? Pouvez-vous par ailleurs nous assurer qu’aucune nouvelle vague de fermeture n’est planifiée et enfin quelle est votre vision à long terme ?

Réponse : Il s’agit de trouver la bonne combinaison entre la contrainte collective et l’individuel, il n’y a pas de projet collectif sans les gens, le PDG a souvent martelé qu’on n’obtient rien des gens qui ne sont pas bien dans leur tête (prenons acte de ce changement de ton et de discours). Des solutions seront trouvées pour tenir compte des contraintes personnelles et les expérimentations en cours (télétravail ou Prévi-conseil à distance à Blois) déboucheront sur des solutions, encore faut-il commencer par se parler.

Des agents Prévi-conseils de centres restructurés qui ne veulent ou ne peuvent ni bouger ni s’orienter vers de nouveaux « métiers » doivent pouvoir bénéficier de travail à distance en réseau, puisque c’est déjà le cas dans certains centres où on est tout seul, mais pas ad vitam-aeternam et pas en 100 % ; il faut appartenir à une équipe, à laquelle ces agents pourraient se rattacher de façon assez souple, soit 1 jour par semaine soit 4 dans mois par exemple.

Il faut étendre aux autres métiers de Météo-France, pas seulement la prévi-conseil, sans tabou, mais toujours en s’inscrivant dans le TROED ; pas de surnombre en télétravail. Les possibilités sont très nombreuses.

Le PDG insiste sur le fait que ce ne sont pas des solutions collectives mais des sommes de solutions individuelles. La combinatoire individuel/collectif est le défi qu’on a à relever et on pourra toujours y arriver, en se parlant.

Après 2016, il militera pour une phase de stabilité ; même si on doit faire des gains de productivité imposés par la tutelle, il demandera que ça soit à organisation géographique constante. Quant au plus long terme, ça ne dépend pas que de lui ! Sa vision de Météo-France est l’excellence de l’amont (y compris les réseaux, les outils, etc) et une force de frappe considérable de l’aval qui doit se polariser vers les bénéficiaires.

Question du SNITM-FO concernant les évolutions envisagées quant aux frontières des régions, notamment le découpage « vigilances » des zones de défense

Réponse : il n’est absolument pas prioritaire de remettre ces découpages en cause même si les zones en cas de vigilance posent problème. « On ne change pas tout le temps les règles en cours de match ». Redonner du sens au travail dans l’Etablissement passera bien avant cette question.

Le DSR, A. Soulan, rajoute que les frontières des DIR ne seront pas modifiées et qu’on améliorera les outils de vigilance.

Question de la CGT à propos d’éventuels projets pour palier la surcharge de travail dans certaines situations météo

Réponse : le PDG, tout en disant que ce sujet n’est pas d’actualité et viendra en son temps, met ouvertement le dossier « astreinte » sur la table. On ne peut pas, dit-il, dimensionner les effectifs « à la pointe », (c-à-d en fonction de la charge maximale de travail), il faut trouver de la souplesse pour avoir du renfort éventuel et de façon structurée, pas basée sur la bonne volonté. On apporte des prévisions pour permettre à des clients de planifier des astreintes et on ne le fait pas nous-mêmes, C’est une façon moderne et normale de concevoir un service public, avec évidemment des compensations des contraintes et un différentiel selon qu’on parle de SPB ou de commercial. Ce sujet n’est pas encore mis sur la table au niveau national avec les OS mais et il espère que ce mot ne sera pas tabou.

Solidaires-Météo : Aéronautique 

Sur le secteur capital qu’est la prévision aéronautique à Météo-France, aurons-nous d’autres perspectives que celles qui prévoient toujours plus d’efficience économique ?

En effet, nous avons atteint voire dépassé la limite en concentrant les tâches aéronautiques sur un nombre toujours plus restreint de centres (3 dans l’Ouest) et en délocalisant dangereusement la prévision d’aérodrome au mépris des avis des prévisionnistes. Ceci conduit maintenant à des situations absurdes, avec des prévisionnistes expérimentés situés de manière pérenne sur des aéroports et qui n’ont plus le droit de faire de la prévision aéronautique, ni de renseigner les usagers pilotes (ex : CM Caen), alors que leurs collègues en CRA sont surchargés ! Et que dire de l’automatisation totale de l’observation aéronautique, autre voie également dangereuse dans laquelle s’est engagé l’Etablissement, et qu’aucun pays d’Europe (hormis les Pays-Bas sur quelques aéroports) n’a suivi, faut-il le rappeler ?

Réponse : l’aéronautique est prioritaire, juste après le SPB. Il se rend bien compte des problèmes avec les mesures, mais il accepte la suppression de l’observation humaine si on met à la place des outils performants.

DSR/D intervient indique que nos informations sont erronées, que la France n’est pas le seul pays à faire de l’observation entièrement automatisée. Solidaires-Météo répète qu’à l’heure actuelle, la France est bel et bien le seul pays à la mettre effectivement en œuvre à grande échelle, et que même si d’autres pays y pensent, ils n’ont pas encore franchi le pas.

Solidaires-Météo explique au PDG qu’on a une fois de plus mis la charrue avant les bœufs puisqu’on a supprimé l’obs humaine alors que les problèmes subsistent avec les capteurs, ce dont il convient. Il nous indique qu’une réflexion sur ces capteurs va d’ailleurs être lancée prochainement au niveau national.

Le Pdg ajoute ensuite qu’en matière d’aéronautique, les attentes du client, DSNA, ne sont pas aussi élevées que ce qu’on voudrait en interne, en d’autres termes, il se demande si on ne fait pas de la sur-qualité, ce qui peut paraître louable mais est en fait un défaut. Pour lui, on doit produire ce dont le SNA a besoin, pas plus, en ré-étudiant les outils.

Réaction de Solidaires-Météo qui souligne la forte contradiction entre le discours de départ concernant le sens à redonner au travail et le reproche de sur-qualité !

De plus le PDG , dans cette thématique comme dans les précédentes, a souvent insisté sur le fait que c’est le client qui est le prescripteur, « la finalité c’est le client, ça n’est pas nous », avec des guillemets tout de même à client.

Questions de Solidaires-Météo abordées plus rapidement :

  • Disparité des charges de travail : Dans notre région, comme dans beaucoup d’endroits, des services sont surchargés alors qu’ailleurs des tâches ont peu à peu été supprimées engendrant une misère professionnelle, source de mal-être au travail. Quels sont vos projets en matière de redistribution du travail ?
    Réponse : c’est le travail interconnecté qui fournira les réponses.
  • Reconnaissance du métier de Maintenance : nos collègues TSI déplorent également un manque de reconnaissance. Ils fuient légitimement l’établissement pour faire la même chose ailleurs en y étant reconnus et rémunérés. Quelle est votre politique en matière de TSI ?
    Réponse : le PDG n’a pas le temps de répondre sur un sujet aussi complexe mais il est très attaché au métier de TSI.
  • Prévision marine : Quel est votre sentiment sur la réorganisation Marine ? Quelle logique justifie que les prévisions côtières pour la Manche et l’Atlantique soient effectuées de Toulouse alors que les collègues de Brest élaborent des prévisions pour des plates-formes pétrolières à l’autre bout du monde ?
    Réponse : Le Pdg redit qu’on ne va pas tout remettre en question ; il est satisfait que Brest ait trouvé un rôle sur un secteur à enjeux. « Brest a le vent en poupe » . Concernant Le havre/Boulogne on ne touchera à rien et Cherbourg doit pouvoir jouer sa partition, il a un champ énorme à développer (le temps nous a manqué pour faire développer davantage ce point) .
  • Management à Météo France : Les TSM, et les IT dans une moindre mesure, ont été les plus impactés par la réorganisation. L’encadrement intermédiaire a contribué à la mise en place de cette réorganisation. Quelle priorité allez-vous accorder à la mise en place d’un nouveau management à Météo France ?
    Réponse : Le PDG n’est pas d’accord avec ce constat, qu’il trouve peu sympathique. L’encadrement a pris ses responsabilités et continuera à les prendre.

Conclusion :

Le ton a changé , le PDG s’est voulu à l’écoute et accessible, presque rassurant. Mais, la marche forcée des réorganisations laisse de profondes cicatrices qui mettront du temps à se résorber. La confiance en l’avenir ne se décrète pas mais se gagne, passons maintenant des paroles aux actes. La direction ne doit pas décevoir l’espoir né de cette visite, notamment auprès des agents impactés par les fermetures. Comme le PDG l’a souvent affirmé « Parlons-Nous ».


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