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DOSSIER DE PRESSE - Organisation de la Prévision

jeudi 15 septembre 2016

DOSSIER DE PRESSE

Organisation de la Prévision

En lien avec une réduction des effectifs sans précédent, la direction de Météo-France et ses séides préparent un bouleversement de l’organisation de Météo-France et de son implantation territoriale, notamment en matière de prévision. Solidaires-Météo continue à défendre une expertise et un conseil météorologique où le prévisionniste local demeure la pierre angulaire de la capacité de l’Établissement a remplir ses missions le plus efficacement pour la société.

Historique

En métropole, l’organisation de « la prévision à 3 niveaux » date du début des années 80. Auparavant, la prévision était assurée par le service central (SMM : service météorologique métropolitain) et les stations principales, essentiellement réparties sur les grandes plate-formes aéronautiques. Ce n’est qu’avec la décentralisation et la création des CMIR (Centre Météorologique Interrégionaux) et CDM (Centre départementaux de la météorologie) que peu à peu s’est mise en place une organisation à 3 niveaux avec des prévisionnistes nationaux, régionaux et départementaux (mise en place des bulletins téléphoniques « kiosque » grand public en 1989).

Au début des années 90, alors que les projets SYMPOSIUM, SYNERGIE ou METEOMEDIA commençaient à faire parler d’eux et mettaient en évidence la nécessité d’une articulation entre les différents niveaux, s’est engagé en interne un débat sur la prévision et mettait notamment en avant la nécessité d’une expertise humaine au plus près des usagers, avant toute diffusion de produits de prévision... (toujours d’actualité 23 ans plus tard !)

Puis en 1996, la direction ouvrait une large consultation auprès de l’ensemble des prévisionnistes sur différents thèmes, tels que les outils de la prévision, le métier de prévisionniste, l’expertise et la formation, l’organisation des activités de la prévision, etc.. Plus de 200 contributions servirent de base à la tenue des ’Ateliers de la prévision’ qui réunirent environ 150 météos du 9 au 13 décembre à Toulouse. C’est à ce rassemblement (20 ans déjà !) que Jean-Claude André , à l’époque directeur du CNRM, mandaté pour piloter les ateliers, sortit du chapeau un schéma d’organisation avec seulement une trentaine de centres de prévision locale (suppression de la fonction de prévisionniste dans les 2/3 des CDM.. ! ).
Ce schéma se voulait être à mi-chemin entre ceux qui réclamaient le passage à un système à 2 échelons (un centre national et une douzaine de centres de prévisions H24, ce qui rappelle notre organisation actuelle PREVI2012 avec ses 12 DPA) et ceux qui souhaitaient maintenir le système précédent. Mais c’est à l’issue des discussions que le DG de l’époque intervint fermement pour défendre la nécessité d’une expertise humaine dans le domaine de la prévision dans tous les CDM... Il confia ensuite à Dominique André la mission d’élaborer un ’schéma directeur de la prévision’.

Ce schéma directeur de la prévision fut âprement discuté dans les CTP locaux (Comité Techniques Paritaires) et certains de ces aspects les plus dangereux (astreintes prévi, service minimum, organisation modulable en fonction des conditions météo,...) purent être écartés. Au mois de juillet 1998, ce schéma fut finalement adopté en CTP central. Il entérinait l’organisation à 3 niveaux avec tous les CDM, l’augmentation de l’armement des postes prévi régionaux, la consultation des services techniques avant toute signature de contrat (pas toujours respectée !).

Au début des années 2000, après l’obtention (trop faible) de 75 emplois pour le passage aux 35 heures, les nouvelles affectations se firent en priorité dans les CDM afin de renforcer le potentiel des petits centres avec l’affectation de 45 brigadistes 50/50 dans les petits centres, portant l’effectif minimal des CDM à 1+5.

Le renouvellement de la direction (PDG et DRH) en fin 2005 donne une nouvelle orientation à Météo-France. Ceci est d’autant plus marqué que les postes de direction sont confiés de manière croissante à des cadres gestionnaires non sensibilisés aux métiers et aux techniques liés à la météorologie.
Le PDG désire préparer dès maintenant le nouveau plan stratégique et le prochain contrat d’objectif. Il a pour cela commandé quatre rapports :
<img-meteo.org/local/cache-vignettes...> - Un rapport sur la prévision à B. Strauss.
<img-meteo.org/local/cache-vignettes...> - Un rapport sur l’implantation territoriale à C. Duée.
<img-meteo.org/local/cache-vignettes...> - Une comparaison entre Météo-France et les services météorologiques européens.
<img-meteo.org/local/cache-vignettes...> - Un audit de Météo-France établi par un consultant externe.

Au sein de Météo-France, le débat entre partisans d’une prévision à 3 ou à 2 niveaux n’est pas nouveau. Si l’ancien PDG (J-P Beysson) assurait de son autorité le maintien à 3 niveaux, les éléments récents, semble indiquer que ce n’est pas le point de vue du nouveau PDG (P-E Bish). En effet, en de nombreuses occasions - visites en région, journées Prévi, discussions en CTP locaux- l’orientation de son message est le même : il faut réorganiser Météo-France.
Confier une mission sur l’évolution du métier de prévisionniste à B. Strauss n’est donc pas anodin.
Dans les arguments avancés, l’économie de personnel occupe bien sûr une place centrale ; on invoque le prochain contrat d’objectif, on parle du non remplacement partiel des retraités, en reléguant le problème du service rendu au second plan, et en omettant donc de dire qu’il s’agit d’un choix politique préalable ; on doit dépenser moins quitte à ce, qu’à terme, cela coûte plus cher à la collectivité !

Fin des années 2000, le projet de réorganisation PREVI2012 est mis sur les rails par une Direction Générale qui essuiera une opposition majeure durant le conflit de 2008 bloquant la météopôle durant 11 jours consécutifs, et de nombreuses grèves et manifestations. Le conflit débouchent sur la sauvegarde de 15 implantations supplémentaires par rapport à celles prévues initialement, et des mesures d’accompagnement pour les agents impactés.

Entre 2011 et 2016, plus de la moitié des CDM seront fermés, les centres restant deviennent Centres Météorologiques (Territoriaux). En 2012, la prévision à 3 niveaux « officiels » est enterrée. La prévision se réorganise en prévision amont à 2 niveaux d’une part, le CNP à Toulouse et les équipes régionales composée de chefs prévisionnistes et prévisionnistes amont régionaux (CPR/PAR) et prévision conseil d’autre part dans les centres météo territoriaux, les centres de rattachement aéronautique et les CMIR. Des palliatifs tels que les conférences téléphonées et un tchat permettent de faire subsister une interaction entre les 2 maillons.
L’outil SYMPO2 est la nouvelle interface de saisie de l’expertise dans la base de données expertisée (BDE). L’outil bien que doté de fonctionnalités incomplètes et d’une ergonomie perfectibles aborde une nouvelle façon d’appréhender l’expertise humaine via des objets météorologiques intégrant de multiples paramètres dont une probabilité de temps sensible. Malheureusement malgré les alertes répétées des représentants du personnel et des expérimentateurs eux-mêmes la réorganisation de l’expertise se mettra en place sans aucun accompagnement en terme de production et la plupart des avancées potentielles resteront inexploitées ou pire contre-productives. Les tentatives d’amélioration de l’outil d’une part diminueront encore un peu plus l’ergonomie jusqu’au rejet, et les améliorations des interfaces pour diminuer les bugs et incohérences dans la production n’exploiteront pas la description probabiliste du temps. Les manques de moyens humains et financier pour palier aux faiblesses de ce projet étant avérées, le PDG (J-M Lacave) décide de stopper les développements concernant l’organisation « 2012 » et de projeter les bases d’une nouvelle prévision pouvant s’affranchir de l’expertise humaine dès les courtes échéances. Par là-même toute l’organisation territoriale est mise en sursis.

Etat des lieux

Expertise des modèles, cohérence nationale de la prévi, formation aux outils numériques :

Le rôle du Centre National de Prévision (CNP), en tant que pilote, expert et 1er utilisateur des produits numériques, fait actuellement consensus au sein de Météo-France et des ministères. La France, comme tous les pays qui affichent une ambition en terme de recherche, de développements des outils météorologiques, des systèmes informatiques centraux et des moyens d’observation satellitaire, continue à faire des efforts humains et financiers importants, parfois mutualisés dans le cadre d’accords de coopération (Eumetnet, Eumetsat...). Ces investissements passés font l’objet d’un consensus des communautés scientifiques, techniques, et politiques. Elles montrent par ailleurs leur efficacité à produire une expertise numérique au plan de la recherche fondamentale, de l’étude du climat, mais également sur le plan opérationnel.

Le cadrage, le choix des modèles, ainsi que dans une certaine mesure l’intervention sur leur fonctionnement, est le domaine exclusif du CNP avec le soutien des services de recherche et développement.

La mise en place des systèmes d’alerte, le suivi H24 de la situation météorologique et le maintien de la cohérence nationale de la prévision sont partagés avec les CPR des centres régionaux et les PAR, avec lesquels le CNP est constamment en relation.

Le CNP partage aussi avec les centres régionaux un rôle essentiel dans les phases d’expérimentation et de validation des modèles, ainsi que dans leur suivi. Ils assurent aussi avec l’ENM la formation continue du personnel formé aux évolutions des concepts météo et des outils numériques.
Les effectifs disponibles du CNP, des CMIR et des centres territoriaux devraient prévoir un nombre d’agents notablement supérieur aux exigences des services opérationnels pour une formation continue de qualité, la réalisation d’études, et ainsi de valider et d’enrichir les résultats de la recherche.

Malheureusement, cette marge tend souvent à disparaître, avec la multiplication des tâches administratives, rapports ou réunions. Les difficultés dans la mise en place de la Prévision Immédiate en région montrent à quel point l’organisation est déjà tendue, sans grande possibilité d’adaptation.

Veille météorologique et suivi des situations :

Les prévisionnistes conseil des Centres Météorologiques sont la prolongation de cette veille, du suivi de la situation et de la prévision dans son adaptation locale au plus près de nos usagers. Ils sont les véritables acteurs de l’écoute, du maintien des réseaux spécialisés et de l’expertise à l’échelle locale.

Sous la responsabilité scientifique du CMIR, le Centre Météorologique est en relation immédiate avec la Préfecture, le Coneil Général, le CODIS, les mairies et/ou associations de communes. Il est le point de contact naturel de Météo-France avec les représentants de l’État : en situation de vigilance, les responsables de centre météorologique sont notamment convoqués dans les cellules de crise, où ils servent d’interface avec la région pour le contexte régional, avec le Centre Météorologique pour les répercussions locales.
L’expérience a prouvé le besoin des collectivités, du CODIS et de la Préfecture d’avoir un interlocuteur disponible là où se prennent les décisions, car elles se prennent rapidement, et ce sera de plus en plus le cas. Le responsable de centre météorologique, qui participe régulièrement aux réunions avec la préfecture, qui connaît les services et le fonctionnement des cellules de crise est souvent cet interlocuteur privilégié.

Les Centres Météorologiques sont un maillon essentiel dans la veille météorologique : ’aux 1ères loges’ sur le terrain, ils sont immédiatement attentifs aux phénomènes, et sensibilisés à leurs conséquences. La responsabilité en matière de sécurité est régionale, la veille est partagée ; cette redondance dans la surveillance contribue largement à la fiabilité du système d’alerte et de suivi de Météo-France.

La Prévision Immédiate : Les Centres Météorologiques doivent être présents sur ce terrain ; ils sont le plus immédiatement crédibles, c’est vers eux que se tournent naturellement nos interlocuteurs, et ils font tout pour se rendre disponibles dans ces situations. L’arrivée de concurrents dans le domaine de l’ ”hydrologie opérationnelle ” , qui s’introduisent dans les collectivités mais parfois également dans les Préfectures, confirme que le besoin existe. La logique voudrait donc que MF oriente maintenant sa politique d’investissements et d’outils en direction des Centres Météorologiques, ce qui n’est malheureusement pas le cas actuellement, au contraire.

Formation, transmission des savoirs :

Les agents en centre territoriaux sont naturellement des acteurs de la formation. Ces actions de formation sont un des moyens pour répercuter auprès des prévis régionaux l’expérience acquise localement. Les téléconférences quotidiennes permettent le maintien de ces échanges, en même temps qu’elles garantissent la cohérence des prévisions.

Ces lieux d’échanges sont stimulants et bénéfiques pour les agents en CMIR autant qu’en Centres Météorologiques, car ils sont source d’amélioration des prévisions. Le bilan des ateliers régionaux de la prévision (ARP) étaye ce constat : derrière les modèles , l’interprétation, l’adaptation et la prévision sont le fruit d’une expérience acquise, et de transmission de savoir.

Cette transmission de savoir en interne se prolonge et s’enrichit en externe avec les formations ou réunions auprès des institutionnels ou associations concernées par la météo (préfectures, CODIS, mairies, écoles de voile, d’aviation, expéditions, etc...). Cette présence de Météo-France au plus près des acteurs de la vie locale est également un de ses atouts forts.

Au plus près des gens :

Les bulletins sur répondeur téléphonique ne sont plus la source de ressources financières qu’avait souhaitée la direction, qui oriente maintenant sa stratégie vers le marché professionnel, la production à façon à haute valeur ajoutée, la production standard automatisée. SYMPOSIUM puis SYMPO2, la génération automatique de texte, la vocalisation automatique sont les expressions de cette orientation vers une production de masse automatisée. Cette production de masse peut correspondre à une partie de la demande en matière de prévision, mais sans la satisfaire toute... Internet illimité et haut débit ont changé récemment les comportements, et MF doit bien-sûr en tenir compte, sans pour autant abandonner le principe de la base expertisée, qui nous distingue de la concurrence, au travers d’une saisie réalisée au plus près des événements. Elle ne doit pas non plus appliqué le principe déloyal de dégrader la production standard pour valoriser une production à façon.

La sensibilisation des prévis pour une meilleure réactivité, prouve sans doute que la direction estime encore que notre point fort reste bien dans la fourniture de prévisions renouvelés régulièrement par un prévisionniste local au fait des particularités locales, et présent sur les événements lors des situations de vigilance. Les bulletins spécifiques fournissent notamment des renseignements très importants pour les usagers dans leurs domaines d’activité ou de loisirs. Ces bulletins très techniques sont sans équivalent chez la concurrence.
De la même façon, le travail réalisé par les prévisionnistes amont pour alimenter la Base de Données Expertisées est devenu crucial et ne doit ni être délaissé, ni disparaître, et doit se faire avec un grand souci de cohérence avec l’expertise du prévisionniste conseil : ce travail est un vrai « plus » par rapport à la concurrence qui se contente d’extrapoler des sorties brutes des modèles.
Ces deux types de produits, production auto et bulletin “ incarné ”, doivent co-exister ; ils sont complémentaires, et leur pertinence repose sur une analyse et une expertise réalisées localement.

De façon encore plus sensible que les Centres Régionaux, la plupart des Centres Météorologiques et des stations tournent avec des effectifs les plus proches possibles des besoins d’exploitation, et ont donc peu de marge pour effectuer des tâches supplémentaires. Les choix de non-remplacement des postes vacants ces dernières années, la non-adapatation des effectifs aux charges de travail font que la situation est telle que des missions essentielles comme la climatologie, la formation, la représentation ne sont plus possibles.

Avenir

Les besoins exprimés par les services d’État, des collectivités et des usagers sont immenses, et à cet appétit d’informations notre Établissement doit pouvoir répondre. Dans le domaine de la sécurité c’est son devoir de service public. Dans le domaine commercial et du grand public, il faut tenir compte du besoin et valoriser le savoir-faire de Météo-France faute de quoi les sociétés privées profiteront de la situation. Notre établissement doit par ailleurs ré-affirmer auprès des tutelles son rôle et ses compétences, et mettre en œuvre une stratégie claire vis à vis de nos concurrents.

Le modèle Arôme apporte une plus grande précision en terme de prévision, mais il continue à nécessiter une surveillance par les prévisionnistes, aussi serrée que peut l’être son maillage....qui n’est PAS celui de l’échelon régional et encore moins national !
Il faudra savoir anticiper les questions que se poseront nos usagers face aux décalages entre l’évolution réelle du temps et les simulations du modèle, d’apparence souvent très réalistes. Ce suivi devra se faire sur des pas de temps plus réduits, avec une réactivité plus forte. Plus que jamais, l’intervention de prévis, experts localement, formés en continu, capables d’études fines, sera nécessaire, avec un rapprochement de l’expertise et de la production prévi des contraintes opérationnelles de sécurité.

Les efforts en formation continue sur ce qui concerne le “ cœur du métier ”, la prévision, doivent impérativement être poursuivis. C’est sur cette mise à niveau permanente des compétences et des moyens techniques jusqu’à l’échelon local que repose une grande partie de la crédibilité de notre établissement.

Mise en question ?

Dans ce contexte, Solidaires-Météo entend réaffirmer que c’est en s’appuyant sur un service de proximité que Météo-France trouve une grande partie de sa légitimité, auprès du grand public, comme des professionnels et des institutionnels en charge de la sécurité.

<img-meteo.org/local/cache-vignettes...> - Auprès du grand public avec une réactivité importante dans les mises à jour des informations sur tous les types de prévisions (locale et spécifique aux activités).

<img-meteo.org/local/cache-vignettes...> - Auprès des professionnels avec un ajustement aux besoins, en proposant le contact possible avec les prévis locaux, qui peuvent parfois apporter une aide à la décision.

<img-meteo.org/local/cache-vignettes...> - Auprès des institutionnels avec une implication plus volontaire, moins passive vis à vis de la sécurité des personnes et des biens, de l’aménagement du territoire, qui sont la vocation des services publics et n’ont pas à être pilotés par les lois du marché.

Un service de prévision alliant une expertise de grandes échelles et locale est une nécessité technique et opérationnelle.
La diffusion des « nouveaux savoirs » fait maintenant partie de la pratique. Les problèmes de cohérence sont bien appréhendés et maîtrisés par les acteurs de la chaîne de prévision. Chaque événement météorologique (tempêtes 99, Xynthia, épisodes cévenols, inondation dans la Somme, épisodes neigeux...) démontre régulièrement l’apport des Centres Météorologiques dans l’expertise locale d’une part et dans sa capacité de réactivité.
Le service rendu aux usagers, bien que perfectible (réactivité pour la mise à jour des bulletins, souplesse pour Internet), donne satisfaction. Les Centres Météorologiques sont régulièrement sollicités sur le terrain de la sécurité des biens et des personnes (investissons le d’avantage). Ils sont l’interface privilégiée entre Météo-France et les sociétés, entreprises ou collectivités qui ont besoin de nos services.

Conclusion

L’efficacité du service de prévision n’est bien sûr pas le seul enjeu ; derrière cette ré-organisation se pose évidemment le problème des effectifs, de leur répartition, et au-delà, celui de l’emploi : la remise en cause de l’organisation actuelle s’inscrit dans une volonté de réduction des effectifs de la Fonction Publique d’État, qui touche tous les ministères, le nôtre tout particulièrement malgré l’affichage volontariste lors de la Conférence Climat.

Solidaires-Météo, bien que soucieux d’une bonne utilisation des fonds publics, estime que le service public a un rôle vital à jouer dans la marche du pays, tant au plan social qu’au plan économique, en plus de ses missions de sécurité.

Pour ce qui est de Météo-France, il estime que l’organisation actuelle a un coût qui est très en deçà des services qu’il rend à la collectivité, et qu’il rend ces services au plus près des besoins. Il estime que les meilleures interfaces des systèmes et des machines avec les hommes, ce sont encore et toujours les hommes. Et ces hommes, ces experts de terrain, c’est en Centres Météorologiques, en CMIR que la plus large partie de la population les trouve.

Les Centres Météorologiques sont la colonne vertébrale de Météo-France, avec un personnel polyvalent, alliant prévision, production et contact aux usagers, tout en assurant la pleine utilisation des services amonts. Si la direction actuelle les remet en cause, c’est bien tout Météo-France qui risque d’être démantelé, avec pour conséquences une perte incommensurable de technicité, de savoir-faire, de qualité du service rendu, et une remise en cause de ses missions d’État.

A nous de nous battre pour une certaine idée du service public, plus proche des gens, plus utile, évolutif également, et qui réponde aux aspirations actuelles en terme de proximité, de réactivité et de conseil.


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