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Mission en terre inconnue... à la mode Météo-France

mardi 20 juillet 2021

La communication interne de la direction n’en finit pas de nous surprendre ! Sur le fond comme sur la forme, c’est à chaque fois un régal... Ce fût encore le cas, le 29 juin dernier, à la lecture sur Intramet de l’article « Des sortants d’école ITM en renfort des DIR pendant la VH ».

Précisons tout de suite, que les contributeurs ne sont aucunement ciblés à titre personnel par ce que nous allons dérouler. Nous ne doutons pas non plus de la sincérité de ces contributeur·trice·s.

Mais nous faisons l’hypothèse que cet article est une commande de la direction en amont de la prochaine campagne de viabilité hivernale. Et nous souhaitons relever l’indécente autosatisfaction affichée par la DG qui masque les méfaits de ses réorganisations calamiteuses et le manque de personnels en instrumentalisant nos jeunes collègues qui sortent d’école. D’opération de « com » en opération de « com », cette débauche d’énergie déployée par la DG pour masquer son improvisation permanente et sa méconnaissance de la réalité s’étale. Si le ridicule ne tue pas, admettons que ces gesticulations pourraient nous faire mourir de rire...si ce n’était que ce sont nous, les météos, qui sommes les victimes concrètes de ces communications hors-sol.

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« Un challenge relevé avec succès ! Un bilan très positif ! »

Mais de qui se moque t-on ?

Alors, comme cela, les ITM et TSM ne sont plus affecté·e·s en sortie d’école ? Ils et elles « renforcent provisoirement » les services pour une durée de six mois pour assurer les assistances Viabilité Hivernale ?

Dans la série « on m’a raconté que... », notre PDG aurait-elle loupé l’épisode où les agent·e·s sortant d’école, bénéficiaient dans leur première affectation en exploitation, d’une période de travail en double (indispensable) et intégraient progressivement le tour de service ?

En effet, une partie de nos jeunes collègues ne rejoindront pas leur affectation en sortie d’école, mais devront, sans aucune expérience et pour une période de 6 mois, renforcer des services pour assurer des assistances prévision parmi les plus sensibles !

Chaque ITM, chaque TSM qui fait ou a fait de la prévision sait que l’on n’est pas prévisionniste en sortant d’école. On sait plein de choses, c’est certain. Mais c’est la confrontation avec les situations météorologiques, les usagers et les clients que l’on apprend à exploiter tout ce bagage. C’est en forgeant qu’on devient forgeron d’après le vieil adage.

La prévision locale, que continue à « vendre » Météo-France, est de moins en moins pratiquée dans l’établissement. Mais on peut estimer qu’il fallait au moins quelques années pour qu’un prévisionniste maîtrise la prévision sur un département. Alors aujourd’hui que les zones couvertes sont multipliées par dix...

On imagine le stress légitime que doivent éprouver les jeunes ITM et TSM, dont certain·e·s ne se sont pas du tout spécialisé·e·s à l’ENM dans le domaine de la prévision... Et quid de leur responsabilité individuelle ? La DG peut décider de prendre des risques, mais elle doit s’engager à dédouaner les agent·e·s !

Parions par ailleurs que nos interlocuteurs institutionnels ou commerciaux dans les régions et départements ignorent s’ils échangent avec un·e prévisionniste confirmé·e ou pas.

En conclusion de ce premier point, reconnaissons que les ITM et TSM qui souhaitent faire de la prévision auront acquis dans ce « baptême du feu hivernal » une expérience qui leur servira ensuite.

Solidaires-Météo demande à la Direction Générale de formaliser une période de tutorat et de formation (tenue du poste en binôme avec un prévisionniste expérimenté) sur une durée minimale d’un mois ou sur 10 vacations .

Solidaires-Météo demande à la Direction Générale de donner la possibilité aux collègues, ayant ainsi expérimenté la prévision, de modifier leur choix d’affectation ou de FCPLR pour un poste de CPR vacant.

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Autres points qui interroge : quelle est la résidence administrative d’un·e TSM ou ITM qui a terminé sa scolarité et n’a pas rejoint son affectation définitive ?

Nous avons connu les brigades de réserve, nous connaissons les VMR. Dans les deux cas, les agent·e·s avaient ou ont une affectation de base, leur résidence administrative, et renforçaient ou renforcent ponctuellement d’autres centres ou services que le leur, indemnisé ou défrayé comme il se doit.

Quelle est la position administrative des collègues qui « renforcent temporairement » les services, sans l’avoir véritablement choisi ? Pour nous c’est assez mystérieux... Mais, prenons l’hypothèse la plus logique : ils et elles sont toujours affecté·e·s à l’ENM et leur résidence administrative reste Toulouse. Dans ce cadre, Météo-France les envoie en mission longue de 6 mois dans les services. C’est bien cela ?

Il ne serait donc pas incohérent que ces collègues soient défrayé·e·s en tant que missionnaires. Ah oui « ça va nous coûter un bras » comme l’exprimait un directeur dans une récente réunion sur un autre sujet...à qui la faute ? « On m’a raconté que »…avant de nous rebattre les oreilles de « gestion prévisionnelle », celle-ci existait concrètement avant d’être détruite par ceux-là même qui s’y réfèrent a posteriori. C’est épatant comment les arguments se retournent aussi aisément que les vestes.

A minima, Météo-France devrait fournir ou financer un logement aux agent·e·s. L’État dispose d’un parc de logements destiné à répondre à ce genre de situations. Dans le cadre des affectations provisoires d’office, c’est à l’employeur de se démener pour loger les personnels.

L’établissement devrait aussi s’acquitter des éventuels frais de déménagements provisoires.

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Nous sommes plutôt accoutumés à voir les météos méprisé·e·s par leur Direction (ce qui ne signifie pas que nous l’acceptions !).

Nous avons aussi appris depuis longtemps à décrypter la communication manipulatoire de la direction.

C’est la première fois par contre que nous voyons instrumentaliser à si grande échelle et individuellement les ITM et TSM qui sortent d’école. Jusqu’ici on affectait une partie des sorties d’école sur des postes difficiles à pourvoir. C’était cohérent.
Aujourd’hui, la majeure partie des sorties d’écoles doivent servir de bouche-trou, certains temporairement pendant six mois, et on devrait s’en émerveiller !!! Pire applaudir « l’agilité » des pompiers pyromanes ?

Madame la PDG, il est temps d’assumer que la désorganisation, la déconstruction de l’établissement, la baisse permanente des effectifs sont les uniques causes et motivations du renforcement temporaire des services par les collègues qui sortent de l’ENM.

Cessez de nous prendre pour des cruches et des cruchons.

Et surtout, clarifiez publiquement, s’il vous plaît, la situation de nos collègues.


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