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On m’a raconté l’époque ...

vendredi 7 mai 2021


De votre discours introductif sur la présentation de la division services, Madame la PDG, je ne garderai que peu de choses. Votre attitude tout d’abord où les yeux régulièrement portés aux cieux, vous semblâtes attendre une aide ou une inspiration divine.
Et puis certains de vos propos, écrits puis lus, par conséquent réfléchis, pesés, soupesés, intentionnels et traduisant parfaitement votre pensée.

La séquence du « on m’a raconté l’époque où... » notamment. Qui se voulait vibrante car mémorielle, humaine car relevant d’une sympathique proximité au sein de laquelle on échange des anecdotes.

Pour ma part, ce « on » m’a fait frissonner. J’y vois la marque d’une distanciation quelque peu méprisante et condescendante. Distanciation qui traduirait votre peu d’attachement à Météo-France et le peu d’engagement que vous mettez à son service. Finalement vous semblez assez étrangère à notre établissement, à son histoire, à ses agents et à ce pour quoi ils travaillent. Vous avez à cœur de faire entrer Météo-France dans l’ère de l’agilité, mais vous restez sourde au chœur des mises en garde.

Votre saillie « on est passé d’un travail de technicien, voire d’aide technicien, à un travail de technicien supérieur et maintenant à un travail d’ingénieur » sur le métier de prévisionniste local est de toute beauté. Elle est sans appel et renvoie avec dénigrement tous les métiers d’avant vous à un âge pré-civilisationnel peu intéressant.

Mais je reconnais l’habileté de la formule ! Elle vous permet de flatter les personnels et nous pourrions en rester bouche bée. Car si le travail de météo-conseil est un travail d’ingénieur dont les connaissances s’acquièrent via « un parcours de formation ambitieux », que ne devenions-nous donc pas ingénieur une fois la formation réalisée, comme diplômante ! Non, à bien vous écouter, il est certain que pour le moment, dans votre silence assourdissant, les techniciens qui vont être formés à ce nouveau métier de météo-conseil resteront techniciens s’ils ne font pas preuve d’une certaine volonté de progression de carrière, en passant l’examen professionnel. « On » nous oblige, mais encore faut-il le mériter.

A quoi bon extraire encore quelques-unes de vos perles ? Elles sont déjà figées dans un passé ramassant comme une pelote toutes les belles paroles de nos pdg, passé que nous convoquerons de temps en temps dans ces moments de camaraderie innocente qu’il nous restera encore :« je me rappelle l’époque où Virginie Schwartz... ».


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